Laissez tomber vos préjugés1 juillet 2009
Souvent perçus à tort comme des salariés plus compliqués à embaucher ou à manager, les personnes handicapées, les seniors ou encore les étrangers sont pourtant une source de main d’œuvre intéressante pour le chef d’entreprise. Expérience, motivation ou encore compétences pointues, les raisons sont nombreuses, et contrairement à ce qu’il paraît, embaucher des profils « atypiques » peut s’avérer très enrichissant. Dans son édition de Juillet-Août, à paraître prochainement, Le Monde des Artisans vous propose un dossier spécial sur cette vaste thématique de l’emploi des personnes handicapées, des séniors ou des étrangers, balayant bon nombre d’idées reçues sur le sujet. Nous vous proposons d’ores et déjà un extrait de ce dossier, une entrevue de Patrick TOULMET, Président de la Chambre de Métiers et de l’Artisanat de la Seine-Saint-Denis.
Patrick Toulmet, président de la chambre de métiers et de l’artisanat de Seine-Saint-Denis, est lui-même handicapé. Ce qui ne l’a pas empêché de créer son entreprise et de s’engager politiquement lors des élections municipales à Sarcelles en 2008. Avoir un handicapé comme salarié n’est pas un handicap pour votre entreprise ! Ils apportent même des nouvelles valeurs dans l’équipe, améliorent les rapports humains. Cela redynamise les petites structures qui sont les plus présentes dans l’artisanat. Il faut informer davantage les artisans sur les aides dispensées par divers organismes. Bien sûr, il y a aussi des inconvénients, car c’est au gérant de s’adapter à son salarié handicapé. Et tous les métiers ne sont pas accessibles à cette classe de travailleurs. Mais ils constituent un public très motivé. Ils ont beaucoup moins le droit à l’erreur que les valides, donc ils se démènent d’autant plus pour réussir ! C’est le même problème qu’avec les seniors dont l’expérience peut beaucoup apporter à l’entreprise. Il y a évidemment une mauvaise perception des handicapés. Déjà, derrière le mot « handicap » se cachent beaucoup de différences. Il y a des handicaps qui n’empêchent pas de travailler normalement. Un homme en chaise roulante peut très bien monter son entreprise. Il faudrait qu’on comprenne qu’embaucher un handicapé, c’est vouloir créer une nouvelle ambiance dans son entreprise. Il est également faux de dire que les handicapés sont toujours en retard, ou souvent absents, en congés-maladie. Personnellement, durant ma vie de salarié, j’ai été le travailleur le plus présent ! À l’UPA, je m’occupe de la question du handicap pour que les choses s’améliorent. Ça va de mieux en mieux, même si l’information ne circule pas encore assez. Les grandes entreprises sont plus au courant, car elles ont des services de ressources humaines qui savent où aller trouver des subventions. C’est à l’entrepreneur de faire les efforts pour faciliter les rapports quotidiens et songer à ne pas l’exclure du reste de l’équipe. Je viens d’embaucher un travailleur sourd-muet de 37 ans, nous avons trouvé des moyens originaux de communiquer. De son côté, il nous apprend, à mon apprentie et moi-même, le langage des signes. Cela enrichit le rapport intergénérationnel. Voilà ce qu’apporte un salarié handicapé et cela n’a pas de prix. |
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